Métis Fiddler Quartet
Alyssa, Conlin, Nicholas et Danton.
La famille Delbaere-Sawchuk est bien enracinée dans
leur héritage et leur culture Métis. Leur
apprentissage a eu ses débuts a Winnipeg au pied de
leur grand-père, qui les accompagnait a l’accordéon
pendant qu’ils jouaient leurs violons. Ce groupe
dynamique demeure fi dèle au style traditionnel de
violon de la région de la rivière Rouge au Manitoba.
Ils sont uniques tant pour leur répertoire que pour le
fait qu’ils sont tous frères et soeur.
Ils sont à l’aise n’importe ou et avec n’importe qui;
la reine Noor de Jordan, le maire de Toronto, le
festival des arts Métis, ou encore le banquet de
l’Association Mondiale des Grandes Métropoles. Ils
éblouissent leurs auditeurs partout au Canada et sont
en grande demande. En plus d’être doué, le groupe
Métis Fiddler Quartet sert de lien crucial pour la
survie de la musique métis. En tant qu’individus, les
jeunes Delbaere-Sawchuk sont tous des musiciens
accomplis, avec une formation classique en divers
instruments, y compris la voix.
Les membres du Métis Fiddler Quartet sont toujours
fi ers de partager leur héritage avec les gens de
toutes les cultures.
Alyssa, Conlin, Nicholas et Danton.
La famille Delbaere-Sawchuk est bien enracinée dans
leur héritage et leur culture Métis. Leur
apprentissage a eu ses débuts a Winnipeg au pied de
leur grand-père, qui les accompagnait a l’accordéon
pendant qu’ils jouaient leurs violons. Ce groupe
dynamique demeure fi dèle au style traditionnel de
violon de la région de la rivière Rouge au Manitoba.
Ils sont uniques tant pour leur répertoire que pour le
fait qu’ils sont tous frères et soeur.
Oméigwessi Reel Métis
Cet enregistrement est dédié a la mémoire de Walter Flett:
Walter Flett était un violoneux extraordinaire
et spécialiste de la musique du bon vieux
temps. Cet enregistrement, qui se situe dans
cette tradition, lui est dédié. On reconnaît
l’influence celtique, écossaise, canadiennefrançaise,
irlandaise et de la musique des Appalaches
dans ces airs de Ebb & Flow, Manitoba,
que Walter a transmis à ses fils Lawrence
Teddy Boy Houle et James Flett.
Il y a six ans, j’ai été introduit à la musique métisse
quand j’ai rencontré Anne Lederman,
musicienne et ethnomusicologue. Anne se
promena avec Lawrence Teddy Boy Houle
pour étudier et enregistrer la musique autochtone
et métisse dans les coins les plus reculés
du Manitoba. Elle partagea plusieurs des airs
qu’elle a recueillis avec moi et mes frères.
Nous étions toujours excités d’en apprendre
des nouveaux, les plus complexes possible.
La première fois que j’entendis la musique de
Walter Flett, je ressentis pour elle une affinité
immédiate et intuitive. Pendant un voyage
dans ma famille à Winnipeg, à la suggestion
d’Anne, j’ai appelé Teddy Boy et ce fut comme
si nous nous connaissions depuis toujours.
En septembre 2006, avec l’appui d’Anne, j’ai
reçu une bourse du Conseil des arts de
l’Ontario pour étudier avec Teddy Boy. Ce qui
m’a permis d’apprendre quelques mélodies,
l’historique de la musique de Walter Flett ainsi
que quelques steps de gigue de la Rivière
Rouge. Teddy Boy m’a emmenée à Ebb &
Flow et à Dauphin pour jouer avec quelques
violoneux de ces communautés. Ils étaient
tous surpris d’entendre le violon d’une jeune
métisse de Toronto jouer leur musique. De
mon côté, j’étais surprise d’apprendre que leur
musique est en voie de disparition. Ce projet
souligne l’importance que la tradition orale
met à partager la musique et à forger des liens
entre les membres de différentes générations.
Cette démarche m’a inspirée à continuer ma
recherche et à rencontrer le plus de violoneux
possible avant que leur musique ne disparaisse
complètement. Je pense qu’en tant que
violoneux métis mon rôle est d’honorer la musique
de nos ancêtres.
Miigwetch pour le support musical d’Anne
Lederman, de Lawrenc Teddy Boy Houle, de
James Flett et pour la collaboration experte de
Conlin Delbaere-Sawchuk et de Scott Kemp.
Travailler avec un groupe de Métis issus de disciplines
variées fut un plaisir et une expérience
unique. James Flett se spécialise dans la musique
country; Scott Kemp est un musicien de
jazz; Conlin Delbaere-Sawchuk est guitariste
autodidacte qui a suivi la méthode classique pour
étudier la contrebasse et l’opéra.
Merci à la Nation Métis de l’Ontario pour leur
assistance financière et à Bernard Leroux pour
ses photos et son apport créatif.
Un grand merçi à mes parents pour m’avoir
donné tout le support dont un artiste a besoin.
À bientôt
Alyssa Delbaere - Sawchuk
Dans les années 1960-1970, Walter Flett jouait le violon aux
danses du bon vieux temps au Centre Saint-Jean- Bosco sur
la rue Isabel à Winnipeg tous les vendredis soirs. Les danses
commençaient toujours à 20h30 et finissaient à 1h00. Le
Centre Bosco, à ce temps-là, était un centre culturel multi
fonctionnel ou les peuples autochtones se réunissaient pour
les soirées sociales, les ralliements politiques, les services
religieux et les activités des jeunes. Pour jouer à ces soirées
dansantes, Walter recevait 5,00$, ses accompagnateurs à la
guitare, Élie Mousseau, 3,00$ et son batteur, Maxime Desjarlais,
2,00$. Les frais d'entrée étaient 0,50$.
Walter était un joueur de violon extraordinaire. Il avait développé un style bien particulier... C'était de la musique de danse à son meilleur: rythmes précis avec des notes pleines et un son clair. Il jouait des valses, des two-step, des Schottisches, des fox-trot, des heel and toe, des butterflies, des danses carrées, les danses de crochet, des reels et bien sûr la fameuse gigue de la Rivière Rouge. Selon l'avis d'un régulier de ces danses, 'Chaque fois que l'on entendait Walter jouer, en peu de temps on avait l'impression que les fourmis nous chatouillaient le dessous des pieds et nous nous mettions immédiatement à danser.'
...Grâce à son archet et son violon, Walter faisait danser les gens sans perdre de temps. Mais en le faisant, il aidait aussi les gens à se rencontrer et à se faire des amis. À leur tour, ces nouveaux amis socialisaient à ces soirées dansantes. Beaucoup remerciaient Walter à ce temps-là et plusieurs se rappellent toujours avec affection de lui pour les avoirs sauvés du 'Boulevard des Rêves Brisés,' connu aussi comme le North Main Street - un district malsain de Winnipeg. Walter fournissait à tous ces gens de bons et sains loisirs ainsi que des divertissements grâce à ces danses du bon vieux temps et la vie sociale qu'apportaient ces événements au Centre Bosco.
Ce temps-là était bien sombre pour plusieurs des autochtones dans la ville de Winnipeg. La rue North Main était trop souvent devenu un théâtre avec toutes sortes d'activités désagréables, plusieurs mêmes violentes. C'était une époque où les médias présentaient les autochtones selon des stéréotypes racistes tels que des gens paresseux, irresponsables et ivrognes. C'était aussi à ce temps-là que les mouvements politiques comme le Manitoba Indian Brotherhood et le Manitoba Métis Federation furent fondés. C'est dans ce contexte de tension raciale et d'agitation sociale que Walter Flett a monté sur la scène sociale avec son archet et violon, comme, de fait, un vrai prophète !
La musique de Walter attirait les gens de tous les couches sociales: riches, pauvres, autochtones ou non. Ils venaient de toutes les directions pour danser à sa musique: des communautés métisses environnantes, des réserves indiennes du nord du Manitoba et même des gens de Winnipeg non autochtones qui appréciaient la musique du bon vieux temps bien rendu.
Avec son archet et violon, Walter a contribué à faire de la ville de Winnipeg un endroit plus sécuritaire. Il a adouci les endroits les plus endurcis de la ville et en partageant ses talents musicaux, il a réussi à faire des deux solitudes urbaines, les autochtones et les non autochtones, à vivre en harmonie et dans un esprit d'amitié.
Walter était une personne populaire au Centre et était très respecté. Ceux qui le connaissaient aimaient son style sans façon, ses manières sans prétentions et son sens d'humour discret. Par contre, d'une certaine façon, Walter était plutôt réservé. J'en suis venu à le connaître lors de quelques voyages que nous avons faits ensemble à Bacon Ridge, Camperville et Dunsieth, North Dakota. C'est dans ces occasions-là qu'il s'est confié à moi. Après avoir partagé quelques bières, nous partagions bien des histoires et des rires.
S'il y avait quelque chose qui épeurait Walter, c'était les ours. Je me souviens de voyager avec lui et en traversant le parc National Riding Mountain un été en fin de soirée, nous avons remarqué un ours ou deux. Je lui ai dit que j'avais peu d'essence et qu'il aurait peut-être à marcher un demi kilomètre pour chercher de l'essence. "Jamais mon Père" qu'il a rétorqué avec un tremblement dans sa voix, 'pas avec des ours dans les parages.' Il a continué: "Père Guy, je promets que je ne pécherai plus si je n'ai pas besoin d'aller cherché de l'essence."
On s'est finalement rendu à la station d'essence sans problèmes. Walter m'a toujours affectueusement appelé par le nom "Père" et jamais par mon prénom "Guy." Walter était de bien des façons, un frère pour moi.
On n'érigera probablement jamais une statue en son honneur, mais si c'était laissé à moi, j'aurais une rue nommée en son honneur dans le quartier où il vivait à Winnipeg, ou encore mieux, j'érigerais une statue de lui près du pont Slaw Rebchuk, connu alors comme le pont Salter. En partant de sa demeure sur l'avenue Flora située du quartier nord de la ville, Walter traversa ce pont plusieurs fois avec son archet et violon fermement sous son bras alors qu'il se rendait au Centre Bosco, situé au centre ville. De bien des façons, le pont représentait et symbolisait les nombreux ponts sociaux et culturels que les peuples autochtones avaient à traverser pour vivre en harmonie avec leurs concitoyens de Winnipeg.
Dans cette perspective je n'ai pas d'hésitation à dire qu'avec son archet et violon, Walter Flett était de la fin des années 1960 et les débuts des 1970, un citoyen remarquable de la ville de Winnipeg et un véritable bâtisseur de communauté. Sa chaleureuse présence et son impact positif sur ses contemporains ont été ressentis et sont encore ressentis aujourd'hui avec beaucoup d'admiration et d'affection.
Nous n'oublierons jamais Walter Flett, le musicien accompli et le bâtisseur de communauté. Il croyait dans les gens et, peut-être encore plus important, il invitait les gens à croire en eux-mêmes.
Que la mémoire de Oméigwessi, notre frère et ami, Walter Flett, dure pour toujours.
Respectueusement soumis par Le Père Guy Lavallée OMI